Faites votre vinyle vous même

Vous pensiez que les disques auraient disparu des magasins après 2010 ? que nenni, même les grands distributeurs ont dû se rendre à l’évidence : « disc is not dead ». Face à une demande croissante en faveur du support vinyle, une marque d’électronique « Biligs digital » lancera en Mai 2013 le premier kit personnel de fabrication et de duplication de disque vinyle. 

1985 : le disque compact prend son vol et de nombreux particuliers se débarrassent de leurs disques vinyles au profit de ce nouveau support. Envahies de galettes PVC, les déchetteries commencent par brûler ces disques envahissants. Mais les vapeurs toxiques dégagées contraignent rapidement les industries à trouver un nouveau mode de recyclage pour les tonnes de disques vinyles déversés dans les bennes. Nettoyés, pulvérisés, moulus, les disques sont ainsi conditionnés et stockés en silos sous forme de granules, puis abandonnés, soit une véritable mine d’or pour une société actuelle désireuse de reproduire du disque 33 ou 45 tours ! 

Après le graveur de Cd, il était également logique de voir arriver le graveur de vinyle. Mais ce système, jusqu’à présent trop encombrant et surtout trop onéreux était encore essentiellement réservé à une utilisation professionnelle. Mais 2013, ère du changement, c’est maintenant. 

Le kit de l’apprenti fabricant de vinyle comporte ainsi les éléments suivants : des sachets de granules PVC de différents coloris, une platine/presse chauffante destinée à la fusion du plastique (avec différents formats pour imprimer des disques 33tours, 45 tours ou 25cm), un masque de protection, une double platine/lecteur/graveur de vinyle. Les amateurs les plus éclairés pourront ainsi créer leur propres disques vierges et lisses en mélangeant les coloris et en jouant sur la fusion des plastiques. A chacun sa recette selon ses goûts, l’essentiel étant d’éviter les grumeaux lors de la fusion. Pour les plus réticents aux manipulations chimiques (les émanations produites par la combustion du polychlorure de vinyle  sont effectivement irritantes), le fabricant propose un simple combo platine lecteur/graveur avec des disques vierges (fournis par le studio sonore « Le chant de l’heure ») de différents coloris déjà prêts à garnir soi-même . 

L’utilisation du système de gravure est simple et s’apparente au système standard de la gravure de cd. Branché sur un ordinateur via un port USB, le lecteur de vinyle numérisera le son via un logiciel adéquat, retransmettant les informations directement au graveur. Une précaution est à prendre cependant : ce système mécanique particulièrement sensible supporte mal les chocs et vibrations durant les opérations de retranscription. Autant dire que les riverains de voie ferrée ou de zones  à risques sismiques devront s’abstenir d’utilisation. Et le premier disque gravé est souvent raté, le temps de roder l’appareillage. 

Le système comporte cependant un léger défaut : le logiciel informatique fourni avec l’installation ne permet pas l’élimination d’éventuels parasites sonores en provenant de l’usure du disque d’origine. Le processus de numérisation permettra cependant de graver des cds à partir de vinyles et vice versa. il sera donc possible de retrouver tout le charme du craquement d’un vieux vinyle sur un CD. Invention de génie ou artifice sans intérêt ? la question fait débat entre les passionnés d’oeuvres originales et dévoreurs de son. Inutile de préciser que parmi le milieu des professionnels disquaires les avis sont plus tranchés. Les commerçants voient d’un mauvais oeil arriver une machine qui permettrait la diffusion en quantité d’oeuvres pirates, sans oublier une qualité aléatoire des productions. Reste bien sûr la question de la confection de la pochette qui pour l’instant n’est pas incluse dans le materiel à venir, tout comme le système d’auto reverse impossible à mettre en place pour le système vinyle. Chaque galette devra être retournée manuellement.

Le vinyle innondera-t-il le monde ? se retrouveront-ils partout ? parlerons nous, mangerons nous, nous habillerons nous tous vinyles sous peu ? ou la mise à disposition pour tous tuera-t-elle immédiatement un objet qui perdrait immédiatement tout son caractère « collector » ? Le débat est lancé, la réalité apportera sa réponse dans quelques jours.